27 novembre 2009
Jacky le facteur
La grande occupation de la journée dans cette résidence, c'est d'attendre le facteur. On guette, on bricole, on revient, on regarde, on tourne en rond, on s'interroge, on observe à nouveau le bout de la rue, et s'il n'est pas passé à 10h10, on s'étonne, on s'impatiente, on descend vérifier si les boîtes sont bien vides, on remonte et on reguette l'arrivée décalée qui remet tout l'emploi du temps de la matinée en cause. Ah Jacky ! il est attendu comme le messie ; porteur des nouvelles qui vont alimenter quelques minutes, voir permettre une conversation qui animera la journée ; une lettre de la petite nièce qui est en Angleterre, l'avis de décès d'un ancien collègue de boulot, le devis du poseur de moquette... On ira même, certains jours, jusqu'à lui reprocher d'avoir raté le début des Feux de l'amour ou d'un épisode de Derrik pour avoir relut pour la troisième fois la carte postale de l'ancienne voisine qui descend le Nil en bateau avec ses petits-enfants pendant que les parents divorcent en s'arrachant les meubles de la résidence de Champagne-aux-Monts d'Or.
Jacky est la pierre angulaire de la journée de mes retraités. La fébrilité des quelques secondes de bonheur de lire son nom sur une enveloppe timbrée, oblitérée à Dubaï, froissée à Marrakech ou tachée à Istambul ; la garantie d'un nouvel épisode de la vie d'autrui s'entremêlant avec la leur si tranquille.
Jacky, l'homme qui murmure aux oreilles des boîtes aux lettres, chevalier des temps modernes arrivant la casquette au vent sur son fier destrier jaune à deux roues, celui qui permet de s'évader, de rêver, de sourire, de pleurer, de voyager...
... et pourtant, l'homme qui a du mal à vendre ses calendriers !
20 novembre 2009
Norbert en colère !
.....déjà qu'il était très difficile d'échapper au foot dans notre pays.... au risque de passer pour un méprisant misanthrope !!!
je vois que la triche lorsqu'elle est flagrante n'est même plus sanctionnée....
je savais que l'on vivait dans un pays où la triche était monnaie courante......
"Bel exemple pour la jeunesse"(!), un capitaine de foot qui joue avec la main... impunément...
Quelle malhonnêteté un tel comportement "à ce niveau de la compétition"!
Quand on sait l'influence que ces abrutis de footeux milliardaires ont sur tous les autres cons qui les idéalisent.....
j'ai vraiment honte d'être Français... à cause de ce sport tentaculaire..... J'ai vraiment honte vis à vis des Irlandais.
...et surtout je hais encore un peu plus le foot......et tout ce petit-grand monde de belliqueux assoiffés de thune qui va si bien avec !
Déjà qu'on nous impose leur foot à longueur d'année......Cet épisode me file la nausée.....
Norbert
Sans parler du bourrage de crâne de la part journalistes qui sont, sans s'en rendre compte, (et au moment où la politique se mèle de sport) manipulés pour offrir "des jeux" au peuple lobotomisé qui oublie momentanément ses problèmes de fin de mois ! Merci la presse abrutie... (Note de la rédaction)
05 novembre 2009
La maitresse du président
Oh purée ! Le téléfilm où j'ai fait de la figuration au mois de mars passe samedi 7 à 20h35 sur la 3.
Moi qui regarde jamais les téléfilms, je vais me farcir 1h30 de télé pour voir ma bobine !
S'ils ont pas coupé, on me verra congelé en train de boire un verre de blanc à la terrasse d'un petit troquet, dans une foule qui regarde la vedette se faire embarquer par les flics et... encore en terrasse du même troquet avec un compère cette fois... enfin je crois. Me souviens même plus.
Pas sûr que ça soit une bonne idée d'en parler !
19 octobre 2009
Dur de la feuille
Pas toujours facile le métier de gardien. Surtout Boulevard des B où la clientèle est plutôt aisée, voir très aisée. Donc exigeante, voir très exigeante.
Vu de mon "atelier" d'où je vous écrit, ça paraît clean (photo) ? Et bien détrompez-vous. Il y a des feuilles sur le gazon. On vient donc de m'envoyer un mail me rappelant que je suis censé ramasser les feuilles quand le besoin s'en fait sentir. Comme vous l'avez peut-être constaté sur les photos précédentes, le boulevard est bordé de platanes espacés d'à peu près 8 mètres et qui me noient de feuilles même en été. Alors l'automne, pas besoin de vous faire un dessin. Bien sûr, pas question d'investir dans un souffleur (ces aspirateurs à l'envers) qui dégagent les feuilles en moins de 2 et dont sont équipés les jardiniers qui interviennent pour la maintenance à peu près toutes les 3 semaines et les cantonniers de la ville qui me balancent ces maudites feuilles sous le portail à chaque fois qu'ils passent... quand ils passent d'ailleurs. Parce que le trottoir aussi je dois le balayer. Je fais donc comme mon collègue d'à côté ; des tas de feuilles dans le caniveau, qui s'envolent au moindre coup de vent pour revenir, au mieux sur le trottoir, au pire dans le jardin. Bref, moi qui adore les arbres, et notamment les platanes, j'en suis à souhaiter qu'ils soient malades comme la plupart dans ce pays et qu'on finisse par les couper !
Mais Mme V, la présidente de la copropriété, et donc ma patronne sur la résidence, en ferait une maladie si on lui coupait ses platanes. Contrairement au superbe cèdre qui a eu la fâcheuse idée de pousser à côté de l'immeuble principal. Même si le dit cèdre devait être là bien avant la construction de la résidence et donc avant la naissance de Mme V.
Ce bougre a eu la mauvaise idée de s'étendre au-dessus du toit et malheureusement à l'endroit où a eu lieu un dégât des eaux.
Une équipe d'élagueur est donc venu pour ratiboiser l'importun après maintes négociations avec la copropriété d'à côté... j'ose même pas les imaginer tous en train de se crêper le chignon !
Mon rôle consistant à tout surveiller quand des intervenants sont là, j'ai donc dû monter sur le toit avec le chef d'équipe des élagueurs pour surveiller qu'il n'y avait pas de branches sur le toit et que le nettoyage avait bien été effectué. A cette occasion je me rends compte qu'il manque une crapaudine (petite grille qui sert de filtre à l'entrée des gouttières) et que ça pourrait bien être la cause du fameux dégât des eaux.
Coup de fil à la régie (mon employeur officiel) qui prévient le couvreur qui passe me déposer la crapaudine manquante quelques jours après.
Et voilà mon Denis à nouveau sur le toit (chose peut aisé avec une échelle trop courte pour atteindre la trappe) pour remplacer la crapaudine fugueuse.
J'en profite pour admirer le paysage. Cette longue rangée d'immeubles de marbre avec terrasses arborées, manoirs et autres ambassades qui donnent eux aussi sur le Parc de la Tête d'Or.
Ceci dit, Mme V n'est pas satisfaite de l'élagage qui ne lui paraît pas assez court. Elle propose donc de couper ce joli cèdre certainement centenaire. Du coup les écureuils ne vont plus pouvoir s'y cacher et je n'en verrai plus devant ma porte.
Ah, le pouvoir de l'argent. Triste réalité.
Qu'est-ce que le confort des écureuils ou la vie d'un cèdre centenaire devant les caprices de ces gens qui ont toujours eu tout ce qu'ils voulaient quand ils le voulaient ?
Mme M avait aperçu un rat qui sortait d'un trou dans la pelouse. On m'avait pourtant dit que le trou en question, que j'avais repéré depuis un moment, n'était autre qu'un ancien trou pour l'arrosage automatique. Que néni donc !
On me demande de mettre des sachets de mort aux rats dans le trou ce que je fais avant de le boucher avec une pierre. Plus de nouvelle de la bestiole jusqu'au jour où l'un des jardiniers dit avoir vu un trou dans la pelouse et qu'il espère que ça n'est pas un rat. Mr M dit ça à Mme qui appelle immédiatement Mme V qui m'appelle en me disant "Mme M a vu 2 rats et le jardinier un trou dans la pelouse. Mettez vite des sachets anti-rats !"
Je vais voir le jardinier qui me montre un trou gros comme le pouce et me dit qu'il n'est pas sûr du tout qu'il s'agisse d'un rat. Tu m'étonnes, un rat lilipucien sans doute ?! Je rends visite aux M et tombe sur Mr à qui je raconte que sa dame à soit-disant vu 2 rats. Mr M est étonné et m'affirme qu'il n'en est rien. Se rendant chez Mme V pour une réunion de copro je lui demande donc de lui faire la commission avant d'être obligé de mettre cette saloperie de produit qui ne fera pas la différence entre les rats et les écureuils.
Les écureuils sont momentanément sauvés !
Ah, l'entretien d'un paquebot pareil, quel boulot. Et faut vraiment les avoir à l'œil ces passagers ! Quelle vie !
15 octobre 2009
La Genèse
Ce boulot je l'ai commencé, et je le vois encore, comme un job d'été. On les faisait à l'époque pour se payer des vacances améliorées. Certains me reviennent en mémoire.
Une année, j'avais intégré l'équipe de jardiniers et j'étais chargé de nettoyer les bassins de la résidence où j'habitais avec mes parents, mon frère et ma sœur. 9 squares (voir photo satellite), avec chacun leur bassin au milieu. Ces bassins sur lesquels on faisait naviguer nos petits bateaux et dans lesquels, l'été, on se baignait avec nos "petits bateaux" quand on était minos.
Tellement on s'y baignait que j'avais chopé la paratyphoïde une année. Pas vraiment étonnant quand on pense à l'état de l'eau où tous ces gamins pataugeaient et pissaient allègrement ! Les mêmes bassins nous servaient de terrain de jeu, pour nos matchs de hockey en patins à roulettes, quand ils étaient vides de l'automne au printemps.
Un jour de forte chaleur donc, alors que j'étais en train de vider l'un d'eux, au square des Sablons je crois, je décidais d'aller au frais dans la cave le temps que la bête se vide. Quel n'est pas alors ma surprise de constater que la flotte dudit bassin est en train de s'écouler "dans" les caves. Une conduite est sans doute bouchée et je décide d'aller prévenir illico le chef jardinier qui est mon responsable. Quand je le trouve, le bonhomme est en train de passer un savon (sans eau) à un des portugais qui composent à l'époque la majorité de l'équipe. Trop heureux de constater que c'est ce sale con qui nous regardait ratisser le gazon quelques jours plus tôt avec un autre nouveau, assis tranquillement sur son mini-tracteur avant que je gueule en l'invitant à bouger son cul de son trône pour venir nous aider. Je laisse donc le boss passer ses nerfs sur lui. Essayant de l'interrompre à plusieurs reprises pour lui faire remarquer que j'ai un petit problème, celui-ci n'est toujours pas disposé à lâcher le portugais retord pour un jeune couillon qui essaie d'attirer son attention. Enfin, après avoir vidé son sac, l'œil encore hagard, le big chef consent à m'écouter d'une oreille distraite sans attacher grande importance à mon incident et me dit qu'il passerait quand il aura le temps. Je laisse donc... couler !
Une bonne demi-heure plus tard, alors que je récure mon bassin totalement à sec, mon bonhomme arrive enfin. Mais pour constater que le bassin s'est entièrement vidé dans les caves. Vidé, lui aussi, par sa prise de bec avec le portugais, le bonhomme reste pantois et m'annonce que la bouche d'évacuation devant l'entrée des caves doit être bouchée. Il repart dépité, la queue entre les pattes, regrettant de ne pas avoir réagi à ma demande plus vite et bien déterminé à engueuler à nouveau le même connard que tout à l'heure, responsable du curage des évacuations et qui va sans doute regretter, à la longue, de se la jouer "chef" du clan des portugais.
L'avait qu'à pas se la faire péter à nous regarder bosser, tout fier sur son mini-tracteur, ce con. Hé, fallait pas m'emmerder à l'époque !
Un autre été, on était parti avec les copains pour ramasser les fruits du côté de Perpignan. Pas de bol, mauvaise saison et toutes les places étaient déjà prises. On s'était rabattu avec mon pote Laurent sur les quais de déchargement des camions qui venaient d'Espagne. 2 petits mecs qui dépassaient pas le mètre 65 proposent donc leur service à un des costauds en train de décharger.
"Pas de problème les gars, allez-y".
1h plus tard, le camion vidé, on demande au gars :
"Vous nous filez combien ?"
- Ben, vous faites pas partie de la boîte ?
- Ben non... quelle boîte ?
- Ah désolé, j'ai rien pour vous moi...
Et merde, plan foireux. Enfoiré, il le savait bien cet enculé.
C'est une boîte d'interim spécialisée dans le nettoyage qui nous propose alors du taffe. Nettoyage des Nouvelles Galeries de Perpignan. Laurent, Bibiche (sa nana) et moi nous réveillons tous les matins à 4h30 pour attaquer avant que le magasin ouvre. Bonne pioche, j'ai la super côte avec la cheftaine qui m'appelle son "petit indien" (j'avais les cheveux longs et un bandeau dans les cheveux) et m'emmène au self-service, pour choisir une pâtisserie de mon choix tous les matins. Pendant ce temps-là, Laurent et Bibiche en profitent pour faire leur marché. Laurent, des piles pour le magnéto qu'on a installé dans le Ford Transit et Bibiche au rayon soutif où elle s'équipe pour l'hiver, empilant les dentelles sur sa poitrine déjà fort agréable.
Bien sûr, les "français d'origine" que nous sommes, sont les seuls à ne pas être fouillés à la sortie !
Après 1 semaine, la mission se termine et nous embrayons Laurent et moi sur du nettoyage d'appartement, après travaux et avant livraison à l'acheteur, au Canet sur Plage. Le mec de l'interim nous dépose devant un immeuble qui fait face à la mer le matin à 8h et vient nous rechercher vers 17h. Je me vois chargé du lavage des baies vitrées et de passer la cireuse équipée d'un disque de "Spontex" de 8 cm d'épaisseur pour virer les éclaboussures de plâtre sur le sol carrelé. Laurent et l'arabe qui nous accompagne s'occupent du reste. Après divers essais, je suis le seul à ne pas m'envoler avec la cireuse qui se montre d'un maniement bien spécial. Le disque tourne (relativement vite quand même) et quand tu baisses la bécane elle tourne à droite, quand tu lèves elle tourne à gauche. Spécial je vous dis ! d'autant que pour pimenter l'exercice, la bestiole est équipée de fils électriques dénudés du côté de la poignée, et le principe veut que pour être efficace, le sol doit être inondé de quelques centimètres de flotte. Après 2/3 coups de jus, je décide d'éviter de caresser les fils en question !
Le 1er appart se trouve au 5ème et vu que l'immeuble est en construction, l'ascenseur ne marche pas. La cireuse doit peser dans les 20kg que nous n'avons pas du tout envie de nous trimballer dans l'escalier de secours en colimaçon. On demande donc à des gars qui ont une poulie pour monter des sacs de ciments et qui acceptent de nous grimper la bête à domicile. Après le nettoyage qu'on boucle, sans s'arrêter à midi comme prévu, vers 14h, on redescend la bestiole par le même système et on file à la plage finir la journée, sous les yeux ébahis de l'arabe qui lui n'ose pas venir malgré notre insistance.
Bosser, oui. S'emmerder, non.
Tout ça pour dire que finalement "la boucle est bouclée". J'ai commencé dans la vie professionnelle en nettoyant et je suis bien parti pour la finir de la même façon.















